un peu de tourisme
le sens de la démesure
Ca me donne envie de me balader quelque part avant de prendre le train pour Taipei.
On verra bien.
Je traîne un peu.
J'ai deux solutions.
Soit bouger tout de suite, et manger après (le petit déjeuner n'est servi qu'à partir de 7h), soit attendre le petit déjeuner et bouger tout de suite après.
Finalement ce sera la troisième solution :
Glander jusqu'à ce que j'ai l'énergie pour descendre au "lobby"
Il est presque 8h.
Au buffet, du café, du thé, des jus de fruits, du pain, de la confiture, du beurre de cacahuètes …
Mais aussi de l'omelette, des pâtes et des légumes.
Si j'étais en vacances ailleurs, je me serais rempli la panse à n'en plus pouvoir mais là ..
Avec un peu de chance, je déjeunerai avec une de mes connaissances taïwanaises (une élève, un ami de Kuan-Ling).
Je déjeune donc modérément avant de remonter à la chambre pour vider mon sac à dos proprement (histoire que ce soit facile à remplir demain) et me mettre en route.
Me voilà parti pour la gare de Zuoying.
Je prends le train de 9h30, ce qui me permet d'arriver en fin de matinée à Taipei et d'y rester jusqu'à 22h pour le dernier départ.
Pour l'accès au quai, il faut comme ici composter son ticket, mais à la façon station de métro.
Les trains comportent 12 wagons.
Un agent est posté à l'entrée d'un wagon toutes les 3 entrées.
Je suis voiture 4 ..
Mais je ne suis pas superstitieux …
À l'intérieur, les rangées comportent 5 fauteuils.
Ca ressemble plus à un avion qu'à nos trains.
Les places sont spacieuses.
Je peux étendre mes jambes comme dans l'espace éco confort du 747 (cf. l'article Paris Kaohsiung)
Un écran lumineux indique la destination et les arrêts mais aussi la météo et toute une série de choses à ne pas faire pour ne pas déranger ses voisins.
Les infos sont en chinois et en anglais.
9h30 précises, le train démarre.
Une fois sorti de la ville, on traverse le pays à plus ou moins 200 km/h.
Trop vite pour pouvoir apprécier les paysages mais bien pratique quand comme moi on veut profite au maximum du temps qui reste.
Beaucoup de cultures, quelques montagnes.
Des villes, pas très jolies (en tous cas vues d'ici)
Je prends quelques photos, écrit deux ou trois choses pour le blog..
11h06 précises, le train s'immobilise à la gare centrale de Taipei.
Je range mes affaires et me dirige vers la sortie et là, panique.
Les mêmes composteurs que pour entrer.
Il faut donc le ticket pour sortir.
Un peu comme pour le RER à Paris.
Évidemment, je n'ai absolument aucune idée de l'endroit où il est.
Je m'étais concentré sur mon billet de retour
(ce qui, me connaissant, n'était déjà pas si mal je trouve)
Je fouille, je m'affole, je ne trouve pas.
Je décide de repartir chercher à la place que j'occupais dans le train.
Dans le wagon, c'est déjà l'effervescence.
Trois personnes nettoient tout et surtout …
Retournent les sièges.
Car effectivement, outre le fait qu'il y ait une rangée de trois sièges,
ce qui faisait que le wagon ressemblait à un avion, c'était que quasiment tous les sièges sont dans le sens de la marche.
Donc,
le train ne faisant pas demi-tour, ce sont les sièges qui tournent.
Bref, de retour à ma place, j'explique par geste la situation à la dame qui nettoie, elle comprend.
Cette fois-ci, elle ne tourne pas le siège, elle le démonte.
Rien.
Un agent qui parle anglais arrive.
Il vérifie que la place était bien réservée et me dit de retourner aux composteurs,
on me laissera passer.
Je le remercie et bien-sûr, en partant vers la sortie …
Je retrouve le billet dans la poche de mon bermuda taïwanais (celui que j'avais acheté la veille).
Je passe discrètement les composteurs …
Me voilà dans la gare de Taïpei.
Ca n'est pas du tout Kaohsiung.
Une sorte de sous sol façon Paris gare de Lyon.
Ca marche vite, ça sait où ça va .. Ca ne prend plus le temps.
Je sors le papier que Kuan-Ling m'avait préparé.
Ah .. je ne vous ai pas parlé de ça non plus .
Une des conclusions de ce voyage sera sans doute que dans les règles d'or du guide de l'accueil du taïwanais de base, il y a : "ne jamais laisser un ami perdu"
La semaine précédente, je discutais de la suite de mon séjour avec Ya-Chin, et donc j'évoque mon voyage à Taipei.
Kuan-Ling qui entend ça, me tend une feuille.
Elle y a écrit une liste des choses qu'il fallait absolument que je vois, avec la manière d'y aller.
Elle me propose, dans la foulée, de se retrouver au coucher du soleil à un endroit sympa où je pourrais prendre de jolies photos et voir l'océan.
Eddie, l'autre chorégraphe, a rajouté qu'il était toujours connecté sur facebook et que si j'étais perdu, il me suffisait de trouver un point wifi et de le contacter.
Vincent, un ami de Kuan-Ling qui était venu filmer sa chorégraphie, me laisse son numéro de téléphone "you'll be there alone ? call me if you're bored"
Donc contrairement à la veille au soir, je n'allais pas rester seul très longtemps à la capitale …
Reprenons.
Je sors donc le papier que Kuan-Ling m'avait préparé.
Ligne rouge.
Théâtre national et Tchang-Kai Chek memorial hall.
En route.
Je m'achète une carte de métro.
![]() |
| car ici on ne se rue pas sur les portes, on fait la queue |
2 stations de métro plus tard.
Je vais enfin voir Taipei à l'air libre.
J'envoie un sms "Taipei here I am" aux amis (Kuan, Vincent, une des danseuses)
On verra bien …
Je suis dans un quartier tranquille.
Peu de circulation (je garde en souvenir le choc de Fongshan ouest - cf.jour 2), les immeubles sont plutôt récents, il fait une chaleur de plomb sous un ciel blanc.
Je longe un mur assez long et d'un coup, le vide, un immense espace avec … le théâtre, aux dimensions plus qu'imposantes.
Je comprends que Zaimon (qui était venu rendre visite à un ami chorégraphe qui bosse ici le dimanche précédent) avait dit qu'à côté l'opéra de Sydney était tout petit.
![]() |
| la taille des touristes vous donne une idée de la dimension |
Je contourne la bâtisse sous l'écrasante chaleur et là, je vois un autre bâtiment, qui ressemble au premier.
L'auditorium
Entre les deux une sorte d'arche …
Il fait trop chaud.
Je vais m'abriter sous le théâtre municipal.
Il y a des jeunes qui s'entraînent.
Certains sont plus hip hop
D'autres plus .. militaires ..
Mon téléphone vibre
Vincent a eu mon message, il arrive.
On se donne rendez vous à la station de métro.
Je passe sous la grande arche et me rend compte que c'était l'entrée officielle.
Vincent arrive.
Il arbore un grand sourire et son appareil photo en bandoulière.
Au moins, il comprendra quand je prendrai le temps de prendre des photos.
Nous passons par les jardins qui longent le théâtre pour aller .. au Tchang Kai Chek mémorial hall .. qu'en fait je n'avais pas vu.
Il était dans mon dos, dans l'axe des arches, au loin.
Voilà la vue du haut des marches
Là haut, une immense station de bronze gardée par deux soldats immobiles, et un agent de sécurité plus … vivant.
La chaleur devient de plus en insoutenable.
Les premiers coups de tonnerre se font entendre.
On décide de retourner au métro.
Au moins, il y a la clim.
Prochaine étape.
Le Sun Yat Sen (l'autre grand bonhomme dans l'histoire de Taïwan) mémorial hall.
Ligne rouge pour revenir à la gare centrale, puis ligne bleue.
À la sortie, la pluie.
Comme au musée le dimanche précédent,
comme pendant la deuxième semaine.
Nous sommes une trentaine à attendre à la bouche de métro et je réalise que toutes les sorties de métro ici comme à Kaohsiung, sont .. couvertes.
À croire que les architectes locaux (contrairement à ceux qui avaient imaginé les quais de la gare TGV d'Avignon sans auvent, sur une ligne certes dans une région ensoleillée mais dans l'axe du mistral), ont pensé à nous.
Vincent me demande ce qu'on peut faire.
Je me souviens l'importance du repas ici.
Il est 13h.
Il y a deux endroits qu'il connaît pas loin.
On va au plus proche.
Une gargote qui ressemble à celle que Kuan-Ling m'avait fait découvrir près de l'école, ou celle de Meinong où nous avons déjeuné avec Quentin.
Un local modeste où sont affichés les menus en gros et en vertical avec le prix en dessous.
Je vais encore tester les nouilles au boeuf, juste pour voir.
Ca ne loupe pas, elles sont au menu !
Et encore différentes !
Moins salées mais plus épicées qu'à Zuoying.
Rien à voir avec celles de Meinong.
Les serveuses parlent très fort.
Vincent m'explique que c'est partout comme ça.
Les taïwanais parlent assez fort naturellement
(je repense à mes danseurs qui chuchotaient presque quand ils parlaient anglais .. mais qui étaient effectivement très bruyants à la fête de dimanche).
Ya-Chin me l'avait dit aussi mais je ne l'avais pas cru à l'époque, elle qui est si douce.
On mange.
On parle de nos métiers, de nos vies.
Son vocabulaire anglais lui fait défaut parfois, mais il y a Google translations sur son iphone, c'est beau le progrès.
Je tente d'enregistrer les voix des serveuses.
Sans succès.
Le repas fini, il pleut encore.
Vincent me dit que si c'était comme hier, ça s'arrêterait d'ici une heure.
Ca avait fait pareil le jour de l'audition à Kaohsiung.
Direction l'hôtel de ville, c'est sur ma liste et il y a une grande librairie.
Ligne bleue, station suivante.
Du métro, nous atterrissons directement dans un centre commercial.
Les niveaux supérieurs sont occupés par la librairie.
La FNAC taïwanaise en quelque sorte.
Il me laisse au rayon "spectacle vivant", il doit aller travailler.
On se quitte à regrets.
Je le remercie, beaucoup.
Il demande à un inconnu de nous prendre en photo avec son iphone.
Je le remercie encore encore aujourd'hui.



















toujours sympa de te lire, Claude, et de nous faire participer à ton séjour à Taiwan! Biz de Pascal à Lyon
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