Cijin au soleil enfin
Dernier passage à l'école
En route pour l'aéroport
Réveil à 6h
Je souris en pensant à la jolie soirée de la veille,
mais je sais aussi qu'aujourd'hui c'est le départ, le vrai.
Rester positif, le vol est à 19h, il faut donc que je sois à l'aéroport à 17h, j'ai encore une journée devant moi.
Je descends vite au petit déj'.
C'est toujours aussi copieux.
Une serveuse qui ne m'avait pas vu la veille, me donne une cuillère.
Elle a peur que je ne puisse pas me servir des baguettes.
Avec ce beau temps, le premier objectif est de voir enfin cet océan par temps clair.
Un retour à Cijin s'impose.
J'y étais allé avec les danseurs il y a quinze jours (cf.jour 7) mais le typhon était annoncé.
Voyons voir ce que ça donne au grand soleil.
Je prends le métro jusqu'au terminus.
Je marche dans le quartier encore calme.
Il est 8h30.
Je me dirige vers la mer par les petites rues.
Je tombe sur le port de pêcheurs.
Au loin, l'île de Cijin.
Je longe le quai.
Pas grand monde.
Je n'avais pas vu ce côté là du quartier avec les jeunes.
Je croise un groupe d'habitants qui jouent (au jeu de go je crois)
Ils me sourient.
La rue qui longe le quai s'arrête là, je me retrouve dans un cul de sac,
Pourtant, l'embarcadère est juste derrière.
Je me retourne et ils me font signe.
En fait, ils m'indiquent un passage étroit à travers les habitations qui me mène à la rue principale.
Ca me rappelle le quartier de Guandu à Taipei hier.
Je croise d'ailleurs un petit temple.
Me voilà à l'embarcadère.
Contrairement au dimanche, il y a peu de monde.
Quelques scooters.
Un groupe de touristes.
On embarque vite.
Je m'installe sur la plateforme supérieure pour prendre des photos
Juste en dessous, un des touristes me dit "welcome in Taiwan"
Je lui dis merci en chinois, il sourit "oooh, but you speak Chinese !"
Il vient me rejoindre en haut.
Je lui dis que je ne parle pas du tout chinois, que pour moi c'est une langue très compliquée.
Il éclate de rire et me souhaite un bon séjour.
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| Au nord, le phare |
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| Au sud, la ville de Kaohsiung |
J'aime bien me déplacer en bateau.
De Marseille, j'aimais bien aller en Italie par la mer.
On embarquait à Toulon le soir pour arriver à Civitavecchia le lendemain midi.
Ca prend du temps, le temps qui me convient.
Cijin se réveille à peine.
Les vendeurs ne sont pas tous arrivés.
Aucun d'entre eux n'a encore installé sa marchandise.
La rue est tranquille.
J'aime cette ambiance.
J'avais fait cette expérience dans d'autres endroits très touristiques.
Se lever tôt.
S'installer dans un lieu qui sera noir de monde dans quelques heures.
Se faire tout petit et voir le quartier s'éveiller.
Je me dirige vers la plage,
croise le temple qui est bien plus grand que je ne l'avais imaginé la première fois avec tout le monde et le bruit.
Me voilà à la plage.
Personne.
Et l'océan, enfin.
Travis m'avait expliqué qu'on se baignait rarement dans l'océan ici. Kuan-Ling aussi m'en avait parlé.
Les gens nagent peu et pas très bien, comme en Afrique du Sud.
L'océan Pacifique qui porte mal son nom a fait pas mal de dégâts dans le coin.
Deux morts dans le mois.
L'état de la promenade atteste de sa puissance.
Je m'installe entre deux cocotiers.
Que c'est bon.
Je serais le plus heureux des hommes si je n'avais pas dans un coin de la tête l'heure de mon avion le soir même.
Je prends quelques photos.
Une la mode taïwanaise (avec le fameux V que font tous les jeunes à un moment donné)
Je traîne un peu.
Un groupe de vieux me dit d'aller plus au nord., c'est plus calme et plus joli.
Ils n'ont pas tort.
Je reste un moment
Le soleil commence à être vraiment chaud.
Je me décide à quitter la mer.
Retour vers l'embarcadère.
La "rue des fruits de mer" se réveille.
Les barbecues chauffent, les étals se remplissent de poulpes et autres calmars.
Je croise les touristes du bateau.
Ils m'invitent à boire une bière avec eux.
Il est un peu tôt mais je crois que je ne peux pas trop refuser.
On parle du pays.
Je leur dis tout le bien que j'en pense.
Celui qui 'avait abordé me présente à tous ces amis et ouvre une seconde bière.
Avec la chaleur, je vais vite être saoul à ce rythme.
Le guide les appelle.
Ils me laissent.
Je lui demande si je peux prendre une photo.
Je reprends ma route.
Le petit ferry arrive.
Il est quasiment vide dans ce sens.
Je vois l'île s'éloigner.
Je l'aurai enfin vue sous le soleil.
Une vengeance sur le typhon.
Je regarde la ville au loin une dernière fois et je vois cette fameuse tour qui est visible de beaucoup d'endroits en ville.
Je regarde sur ma carte.
En fait c'est un hôtel.
Je vais aller voir de près.
Au sortir de l'embarcadère, les magasins sont ouverts.
Il y a notamment toute une série de marchands de glace où les danseurs m'avaient emmené.
Les murs des snacks sont remplis de graffitis.
Il suffit de demander un stylo au patron pour laisser une trace de son passage.
Le métro.
La ligne orange.
Une dernière fois.
Pendant que je vais voir la fameuse tour, j'envoie un sms à Ya-Chin.
Comme je dois quitter l'hôtel à midi et que je sens que ça ne va pas être facile de leur demander de me garder les bagages quelques heures, je lui demande s'il y a des consignes à la gare de Zuoying qui est près l'école.
Elle me répond que non malheureusement.
Toujours aussi prévenante, elle me propose de l'appeler quand je sors du métro à Tsuoying pour qu'elle vienne me chercher.
On verra.
Je l'ai assez dérangé comme ça.
Passage près de la tour.
Assez décevant.
En plus, il fait très chaud.
C'est vrai que c'est la première fois que je suis dehors à cette heure.
Jusque là, hormis la veille, j'étais toujours dans ma chambre en train de bosser ou d'écrire.
Il me reste quelques heures.
Bien sûr, je dois passer à l'école dire au revoir à tout le monde mais ça me laisse du temps.
Je me dis qu'à la gare centrale, il doit y avoir des consignes.
J'en avais vu à Taipei.
Sans mon gros sac, je pourrais peut-être passer au fameux lac du Lotus que j'avais loupé par deux fois déjà (une fois par fainéantise, une fois à cause du temps).
Je tente la gare.
Effectivement, je trouve des consignes.
Je peux m'organiser.
Je repasse à l'hôtel en m'achetant une bouteille de thé froid au Seven Eleven.
Il faut que je dépense ma monnaie, on ne la prendra pas au change.
Midi, je rends les clés.
La réceptionniste me demande si je vais à l'aéroport.
Je lui dis que je vais dire au revoir à des amis.
Je ne suis pas sûr qu'elle ait compris mais elle me dit qu'il y a une navette gratuite pour l'aéroport si je veux.
Je lui dis que ça n'est pas la peine.
Elle me souhaite un bon voyage avec un large sourire.
"Babaille !"
En route, pour l'école.
J'avais promis à Kuan-Ling de faire une photo à "Ecological district", la station de métro juste avant Zuoying.
Quand c'était annoncé dans le métro, ça me faisait toujours rire.
Les trois premières versions (en chinois, taïwanais et hacha - cf. jour 2) étaient quasiment identiques et rendaient ridicules la version anglaise.
D'autant que je voyais pas ce qu'un quartier écologique pouvait être.
Je m'arrête à la station pour faire la photo souvenir et de là je prendrai le bus pour le lac du Lotus.
Le quartier n'a à priori rien d'écologique …
En plus, le temps vire au gris,
et le bus tarde …
Je perds du temps sur ma dernière journée et je n'aime pas ça.
Je reçois un sms de Ya-Chin.
Miss Chou doit partir assez vite, ça serait bien que je ne tarde pas trop ...
Je vais aller directement à l'école.
Décidément, ce lac du Lotus, ça ne sera pas pour moi cette fois-ci.
Il faut que je revienne ici.
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voilà ce qu'on pouvait voir au lac Naim y était allé le premier jour, je lui pique la photo |
Retour à l'école.
Le gardien me dit bonjour,
comme tous les matins quand j'arrivais en taxi.
Je traverse la cour, croise le dragon.
J'entre dans l'immeuble.
Nos affiches ont disparu.
Je pousse la porte
Ca actionne le petit carillon.
La cour intérieure ...
Ya-Chin me voit par les grandes baies vitrées.
Elle sourit et vient m'accueillir.
Le bureau est tellement calme.
Chien-Chih et Chien-Kwei sont là ainsi que deux autres dames bénévoles.
Tout le monde bosse sur la post-production.
Miss Chou apparaît, elle était au téléphone dans l'autre pièce.
Que ça me fait plaisir de la revoir.
Elle me demande ce que j'ai fait aujourd'hui, et hier à Taipei, si j'ai aimé,
ce que j'ai pensé de mon séjour.
Si elle savait …
Je lui dis le plus sincèrement possible tout le bien que je pense du pays (du moins de ce que j'en ai vu).
Je reparle du fait que l'ambiance était aussi bonne entre eux et nous (les chorégraphes), qu'entre nous et que j'avais rarement vu ça.
Elle est d'accord.
Elle sourit.
Elle s'en va la première.
Mon coeur se serre.
Big Hug.
Keep in touch.
Je reste encore un peu.
Ya-Chin veut voir des photos de Marseille.
Je fouille dans mon ordinateur (je n'ai pas eu le temps de reclasser toutes les photos depuis l'accident du disque dur).
Je lui montre les photos du port.
Ca serait bien qu'ils viennent en Europe.
Elle s'en va aussi.
C'est bien triste.
Chien-Chih va donner un cours.
Je reste là dans le silence.
Une dernière fois.
Il y a une chorégraphie qui se monte dans le théâtre avec les jeunes qui sont rentrés la semaine dernière …
Qu'est-ce que je donnerais pour être le chorégraphe …
Je ressors du théâtre en écrasant une larme, passe voir Chien Chih pour lui dire au revoir.
Big hug.
Les élèves sont étonnés.
Dernier passage au bureau.
Je remercie Chien Kwei pour tout.
Il me regarde partir.
Je me retourne une dernière fois.
Un dernier au revoir derrière les baies vitrées.
Je traverse la cour une dernière fois
Le ciel est gris
Il fait chaud
Il y a toujours cette odeur de chaud d'après la pluie.
Je pleure.
Le bus R51.
Le dernier "chiéchièèè" au chauffeur de bus.
Le métro
Ligne rouge.
Les stations passent.
Ecological district
Kaohsiung arena
Aozhidi
Houyi
La gare …
Tout va trop vite …
Je récupère mon gros sac
Regarde le centre ville
Une dernière fois
J'attends le métro
La petite musique indiquant son arrivée retentit.
Je m'en suis servi pour la pièce.
Je revois cet instant précis dans la chorégraphie.
Et le duo de Ko-Yin et Yu Yen qui enchaîne juste après.
Je suis dans le métro direction l'aéroport.
Formosa boulevard.
Central Park.
Et puis toutes les autres stations, celles qui me rapprochent de l'Europe.
Je n'ai pas envie.
L'aéroport.
En sortant de la station de métro, les agents me sourient et me souhaitent bon voyage.
Quels drôles de gens …
Par les vitres, je reconnais le parking où j'avais respiré pour la première fois l'air chaud de cette île.
Il y avait Julia, Ya-Chin.
L'enregistrement …
Etonnant, j'ai les mêmes places qu'à l'aller.
Je vais changer mon salaire en euro.
Je garde des petites pièces.
Je m'en servirai quand je reviendrai.
Il faut que je revienne.
À cet instant précis, je pense à mes collègues chorégraphes qui ont vu leurs danseurs à l'aéroport pour la dernière fois.
Je me dis qu'ils ont bien eu de la chance.
Je me sens seul.
Passeport, Rayons X, embarquement …
Ne pas pleurer.





















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