Les centres commerciaux trop occidentaux
Le temple de Gandhu
Une bien belle soirée avec Kuan-Ling
Après avoir quitté Vincent, je reste dans le magasin un moment, fais un ou deux achats, des cadeaux pour des amis.
Je déambule dans les allées du reste du centre commercial.
Je suis aux Galeries Lafayette, au Caroussel du Louvre, chez Harrods ..
Je ne suis plus à Taïwan comme j'ai envie de la vivre ces jours ci.
Ces derniers jours.
Quand je me décide à sortir de ce lieu bien trop occidental pour moi, il ne pleut plus, comme prévu.
Je fais des photos des immeubles alentours, pas mal de jolies architectures.
Et bien sûr le 101 !
Une sorte d'Empire State Building à 101 étages
Autour de moi, ça court, ça téléphone.
C'est bien habillé, bien coiffé,
Ca s'engouffre dans le métro, rattrape son bus.
Je n'ai pas envie de ça.
Je ressors mon papier.
Le temple me ferait le plus grand bien mais d'abord le Sun Yat Sen mémorial hall que j'ai loupé tout à l'heure à cause de la pluie.
Ligne bleue station suivante.
Plus que le Tchang Ya Chek Memorial Hall, ce monument a l'air, du moins ce jour là, d'être très prisé par les touristes.
C'est vrai qu'à l'école à Kaohsiung, c'est lui qui trônait en fond de scène dans l'auditorium.
Le monument est pourtant plus modeste dans les dimensions et les matériaux utilisés.
L'intérieur en revanche est assez semblable.
La statut de bronze,
les gardes.
J'ai juste plus de mal à prendre une photo tant les touristes défilent tous devant pour avoir leur cliché avec le grand chef.
Dans les allées extérieures, comme dans l'autre monument, des jeunes s'entraînent.
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Parfois le groove ... ça commence très jeune ... |
Il est 16h30.
Le ciel semble se lever.
J'envoie un message à Kuan-Ling pour lui dire que je me mets en route vers le temple et que de là j'irai à Danshui pour notre rendez-vous.
Finalement, elle me rejoint au temple.
Elle n'habite pas très loin et le temps que j'arrive en métro elle sera disponible.
Ligne rouge, direction Danshui,
je prends le métro à l'heure de pointe avec les taïwanais.
On se croirait à New York, Paris ou Londres.
J'en ai pour 40 minutes.
Arrêt à la station Guandu.
Je retrouve Kuan-Ling avec grand plaisir.
Comme beaucoup de filles taïwanaises de sa génération, je la trouve très élégante.
Elle me propose deux itinéraires : la grande rue ou le petit chemin.
Forcément, j'ai opté pour le second choix.
On est loin des grands immeubles du centre-ville et des gens qui courent.
Des maisons modestes faites de bric et de broc.
On parle un peu de ce qu'elle a fait ces derniers jours.
Comme nous tous, elle a rangé ses affaires.
De Tainan, sa ville natale, à Taipei ou Kaohsiung.
Moving and moving again.
Ca n'est pas vraiment notre lot quotidien, mais un événement récurrent,
un peu trop parfois.
Elle me dit "depuis le début de l'année, j'ai déplacé mes affaires dix fois! "
Je me demande si je n'aimerais pas déplacer mes affaires plus souvent.
Au bout du petit chemin,
une petite place un peu enfumée, nous sommes accueillis par deux dames avec des plateaux de fruits et de légumes, Kuan refuse poliment.
Sur cette place aussi, un premier lieu de prière, un autel, une statue, des bâtons d'encens qui brûlent (d'où l'ambiance enfumée) et un endroit pour déposer les offrandes.
Je comprends que ce sont les fruits et légumes que les dames nous proposaient.
Kuan-Ling m'explique qu'il y a toute une série de dieux, qu'ils ont chacun leur attribution et qu'elle les connaît pas tous.
Dans chaque temple, on visite les Dieux dans un ordre précis.
(heureusement c'est indiqué par un plan)
Contrairement aux églises qui ne sont souvent pour moi que des monuments, je sens dans ce temple, une forte énergie, comme si toutes les prières restaient dans l'air ambiant.
Je n'arrive pas à prendre de photos, d'autant qu'il y a des gens qui prient.
J'étais déjà entré dans un temple bouddhiste en Europe et ça m'avait fait le même effet.
On passe d'un dieu à un autre, un pour la virilité, un pour la féminité, un pour les études qui est très prisé (les étudiants y mettent une copie de leur demande de candidature pour entrer aux écoles, ou de leur feuille d'examen),
Il y a plusieurs dieux pour l'argent.
Il y a une vue imprenable sur la ville depuis le toit du temple.
Mais son accès est fermé.
Je prends quand même un cliché depuis le petit balcon devant la porte close.
Il faudra que je revienne ...
À l'extérieur, des petits pavillons où on peut patienter les jours de grande affluence.
Nous traversons le bâtiment par un couloir sinueux dédié aux divinités qui règnent sur la prospérité.
Il y a devant chaque statue, un symbole de l'argent que Kuan reconnaît.
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| sur les murs, des bas reliefs relatant les histoires des dieux |
Le couloir débouche sur le fleuve.
Le soleil se couche déjà.
Je prends quelques photos.
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| Kuan-Ling, mon guide pour cette soirée |
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| sous l'enseigne lumineuse rouge, le temple |
Il est temps de repartir vers le métro, destination Danshui.
On reparle de ces trois semaines.
Elle aussi a été étonnée par les qualités des danseurs, leur disponibilité, leur envie.
Je lui parle de ma frustration de ne pas avoir pu communiquer plus avec eux.
En fait, j'étais le seul à ne pas avoir d'interprète parmi les danseurs (Julia et Angela avaient Apple qui parle anglais couramment, et Zaimon avait Michun dont le père est américain) et j'avais en plus comme handicap (avec Angela) de devoir m'exprimer dans une langue autre que ma langue maternelle.
Elle me dit qu'en tous cas elle n'avait pas senti de distance entre les danseurs et moi, ce qui n'était pas forcément le cas dans les autres groupes où l'interprète avait pris de fait une place particulière.
C'est vrai que dans cette aventure, nous étions tous (les danseurs et moi) dans la même galère de communication.
Certains parlaient un peu anglais mais pas assez pour pouvoir vraiment dire ce qu'ils ressentaient.
Nous dînons dans une de ces petites gargotes que j'affectionne tant.
Kuan est une habituée.
La patronne parle très fort, comme les autres …
Ce soir, ce sera une cuisse de poulet, très épicée, avec des nouilles.
Je n'ai pas le droit de payer.
Kuan me dit "tu es sous ma protection, je m'occupe de tout".
Je suis touché.
Heureusement que j'avais eu la bonne idée de l'inviter quand nous avions partagé ce plat de nouilles au boeuf près de l'école (cf. Jour 18)
Ligne rouge jusqu'au terminus.
Danshui.
Situé à l'estuaire du fleuve Danshui, c'est une station balnéaire.
Des marchands de glace, des kiosques à souvenirs et cadeaux pour les enfants, on entend le fleuve et même un peu l'océan.
Tranquillité, douceur.
On s'installe sur un banc pour boire une bière.
Kuan allume une cigarette et sort son cendrier de poche.
On parle peu.
Un bateau qui fait la traversée du fleuve accoste sur un ponton rudimentaire.
Ca me rappelle Venise.
Il est tard.
Si je ne veux pas rater mon train, il faut qu'on rentre.
c'est bien dommage.
Elle fume une dernière cigarette qu'elle écrase dans son cendrier,
sort une autre boîte, des pastilles de menthe.
La classe.
Ligne rouge
direction Main Station.
Elle descend à Guandu.
On se promet de se revoir en Suisse dans l'année.
Le métro s'en va.
J'ai les larmes aux yeux.
Encore une fois.
Le métro est calme pendant quelques stations.
Puis tout à coup, c'est la cohue.
Ca sent la friture et ça parle fort.
Night market …
La gare.
Le train.
J'écris quelques notes pour le blog.
Je m'endors.
Zuoying.
Je n'ai pas perdu mon ticket, je passe les composteurs.
Le métro,
Formosa boulevard.
Je décide de sortir plutôt que de changer de ligne pour une station.
Je revois une dernière fois le Dome of light et ses vitraux (cf. jour 7)
Dehors, la ville est calme.
Il est minuit.
Je me perds un peu.
Juste assez pour tomber sur un autre night market.
Le dernier.
Je croise une ou deux petites gargotes, celles des nouilles au boeuf.
Hotel Metropolitan.
Chambre 701.
J'ai du mal à m'endormir.
C'est la dernière nuit à Taïwan.
La dernière ...





















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