To read the English version, follow this link :

http://c2ataiwanexperience.blogspot.com/


hiver 2010

la World Dance Alliance - Asian Pacific cherche des chorégraphes

pour participer à un projet international regroupant 8 chorégraphes.

Ils devront, au bout de trois semaines avec des danseurs taïwanais,

proposer une chorégraphie

qui sera montrée les 23 et 24 juillet à la Tsoying High School de Kaohisung.


20 février 2011

Claude Aymon tente sa chance


17 mars 2011
il est sélectionné


http://www.wda-ap.org/wda-ap/wda-ap.htm


l’aventure commence ...


vendredi 5 août 2011

Jour 25 - 27 et 28 juillet - Kaohsiung Paris

le choc culturel et thermique ...







Le bureau de change me laisse un billet de cent dollars.
Je vais l'utiliser dans le duty free ..
Je trouve une boutique des musées.
Une écharpe de soie pour ma mère, un marque-page pour Philippe,
un porte-clés pour Béa,
et des crayons pour le petit Louis …
Il y a aussi la boutique de gâteaux ...

Passeport
ça prend un peu de temps ...
et si je restais bloqué ici quelques jours de plus ? …
je flippe un peu mais je me surprends à rêver.
Ils me laissent partir
Ce ne sera pas pour cette fois-ci.

Rayons X
Je m'apprête à sortir l'ordinateur .. 
Non non ça n'est pas la peine …

Je m'installe en salle d'embarquement.
Elle ressemble à une cabine d'avion avec ses fauteuils confortables et ses fenêtres en forme de hublot.


L'avion a du retard.
50 mn.
Le temps d'écrire et de refaire des mots croisés .. en français …
Et pour la première fois depuis trois semaines,
J'entends des gens râler .. en français …

des livres en libre service
Une dernière nuée de peaux "jaunes".
Une famille de blancs .. et trois noirs ..
On embarque.

Je suis scotché au hublot.
La vitre est sale.
Pas de photos cette fois-ci ..
De toute façon la nuit tombe sur Kaohsiung.

La tour que j'ai vu à midi s'illumine pour la dernière fois,
Il y a aussi la grande roue que je n'ai pas eu le temps d'essayer ...
"Ready to take off"
Se souvenir de chaque lumière, chaque seconde,
ma gorge se serre,
j'écrase une larme .. ou deux.

Mon voisin est silencieux.
Je sors mon carnet de notes dans ma poche.
J'écris.

Le repas ..
Je tente de regarder un film, je m'endors.
Je suis réveillé par l'annonce de préparation à l'atterrissage.
Il faut si peu de temps pour s'éloigner ...
Décidément, je préfère le bateau.


Hong Kong.

Tout s'accélère.
Il y a plus de monde, plus de blancs, plus d'argent.
Moins de sourires sur les visages, 
chez ceux qui voyagent comme chez ceux qui travaillent ici.
Ca parle beaucoup plus anglais que chinois.
Ca râle encore en français.
Derniers achats ..

Je me connecte sur Internet une demi-heure puis je rejoins la salle d'attente du 747-400 de la KLM.
L'ambiance n'est plus la même.
Des gens se couchent sur trois sièges juste pour lire un magazine, des enfants te marchent dessus sans que les parents ne réagissent.

Premier choc de retour.
Pas bien agréable.

On embarque à l'heure et en dernier.
En étant dans la classe intermédiaire, il faut attendre que la business class et que les premiers rangs de la classe éco soit bien installées.

L'avion est moins plein qu'à l'aller.
Plus hollandais aussi.
Il y a un siège de libre entre le prochain passager et moi.
Ca donne des allures de première.
L'hôtesse est une hollandaise plantureuse et sympathique.
J'ai faim et j'ai sommeil.






La passerelle se détache de l'avion.
Je quitte l'Asie.
Je pense à ce bonhomme qui fait les manoeuvres.
A t-il jamais pris l'avion ?

Décollage
9953 km d'Amsterdam.

Tout le monde s'installe, sort son ordinateur
Les casques sont mis, les films défilent.






Le repas.
Je demande du pain supplémentaire,
je ne sais pas pourquoi j'ai autant faim ce soir

L'hôtesse me propose un second plateau repas.
Là je suis calé.
Je m'emmitoufle dans la couverture.
Il me semble qu'il fait plus froid qu'à l'aller.
Pour penser à autre chose, je regarde un épisode du "coeur a ses raisons"
Je m'endors.

Un peu plus de deux heures avant l'arrivée, je suis réveillé.
Par le hublot, les dernières lueurs de l'aube.
Nous rattrapons la nuit.
Je sors mon carnet et rattrape mon retard sur le blog.

Le fait que j'écrive d'abord dans un carnet avant de tout taper dans l'ordinateur fait que j'ai pris de plus en plus de retard.
Avec la conséquence douloureuse que je vais écrire à Paris tout ce que je vous raconte depuis la générale du spectacle.

Toutes ces émotions que je vais revivre par écrit,
et par deux fois (au stylo et au clavier)


Les informations de vol sont annoncées en chinois.
Je me souviens des jours où j'en avais marre de lire les idéogrammes pendant le séjour.
Je les regarde avec nostalgie.

L'hôtesse apparaît 
Le petit déjeuner se prépare.
J'enjambe mon voisin pour aller aux toilettes avant que tout le monde y aille.
Pendant que nous finissons de manger, 
le commandant annonce la descente sur Amsterdam Schipol (prononcer Srripol)






Nous sommes en avance.
Il y a du brouillard et il fait 13°.
J'ai perdu une quinzaine de degrés en une nuit.
On voit les premières autoroutes, 
les premières serres éclairées.
Et la lune, presque nouvelle.
Celle qui ouvrira le mois des fantômes à Taïwan, et le ramadan des musulmans.







Le sol se rapproche.
Fracas des roues sur la piste.
J'écoute avec nostalgie l'annonce de bienvenue en chinois.
La carte nous montre la route parcourue.
Je pense aux chinois, aux taïwanais, aux coréens, aux japonais qui arrivent en Europe pour la première fois.
Ils doivent un peu vivre ce que j'ai vécu il y a presque un mois.



Contrôle des passeports .
Le policier hollandais, rougeaud et blond, me souhaite un bon voyage .
Nouveau passage aux rayons X.
À Kaohsiung, je n'avais pas eu besoin de sortir l'ordinateur du sac.
À Hong Kong, je l'avais sorti.
Ici, il faut que je le sorte et que je l'ouvre.
Ma ceinture !
Je l'avais oublié aux deux autres passages.
Ici je pense à l'enlever et je fais quand même sonner le contrôle.
De retour dans le monde de l'ultra sécurité.

J'ai trois quarts d'heure d'avance.
Le temps d'acheter du Gouda pour Sabine et un cadeau pour son frère (un des bienfaiteurs du voyage).

Je suis bien triste en ce petit matin.
J'envoie un sms à Ya-Chin, la matinée est bien entamée là bas.
Elle me dit de profiter de Paris.
Vu de là-bas comme du reste du monde, ça fait toujours rêver ..

Paris ...
À la salle d'embarquement, je regarde en face un vol qui part vers l'est, ou le sud ..
Ils sont tous en tong ..




Mon sac qui est sur le point de rentrer dans la soute.
Je devrais le récupérer à temps ce coup ci.

Dernière portion de voyage.
L'avion est plein d'indiens qui parlent fort.
Je croise une famille d'asiatiques épuisés, je souris.
J'ai envie de les aider.
De faire qu'ils se sentent mieux.
Je ne peux pas grand chose, 
et puis surtout si ça se trouve ils n'ont besoin de rien ...
À l'embarquement, on me change de place.
Je suis installé à côté d'un jeune couple de hollandais côté couloir.
Pas de photos de nuages ce coup-ci.




Comme pour le premier vol, je m'endors assez vite
et me réveille à l'annonce de l'atterrissage.



Paris, 14°, nuageux.

Je déteste Roissy.
Heureusement je n'ai pas à faire avec la police de l'air et des frontières.
J'ai le souvenir de mon retour du Canada où l'agent hurlait d'emprunter une file et pas une autre.
Ca avait des allures d'état d'urgence.
Les québécois se demandaient s'il se passait quelque chose de grave pour qu'il puisse hurler ainsi ..
Même pas ..

Mon sac sort dans les premiers.
Je le mets sur mon dos.
Mon fidèle sac à dos se retrouve sur mon ventre et j'ai à la main mes achats du voyages.

Des passagers avec de l'électro ménager ou du matériel informatique se font arrêter par la douane.
J'en profite pour échapper à la corvée de ce contrôle.

Le RER.
Vieux, plein de tags, 
La banlieue,
grise comme la mine des gens qui montent dans les rames ...
Rien à voir avec le métro neuf et propre de la ligne rouge.
Pas d'annonce des stations en quatre langues, pour savoir où tu es tu regardes par la fenêtre.

Chatelet.
Je change de quai.
Nation.
Je traverse le dédale de couloirs remplis de gens qui courent pour aller bosser ou faire quoique ce soit d'autre.
En tous cas, ils courent 
et ils n'ont pas l'air heureux.
Tout ça va bien trop vite.


J'ai à nouveau les larmes aux yeux.
Le choc est assez douloureux.
Je sais que je vais être accueilli à bras ouverts par Sylvain avec son grand sourire, son café et son regard doux.
Je sais qu'il va me laisser déblatérer sur ce que j'ai vécu pendant trois semaines même s'il a lu le blog.
Je sais que j'ai bien de la chance d'avoir un ami comme ça (qui est aussi dans les bienfaiteurs) mais ça n'allège pas pour l'instant le poids que j'ai sur le coeur d'avoir laissé mes nouveaux amis et les jeunes danseurs à qui j'avais encore tellement à donner, et dont j'avais encore tellement à apprendre.

Montreuil.
Je traverse la rue de Paris.
Ca devient plus calme.
Je passe devant la maison d'Armand Amar.
Je sais qu'il est en voyage lui aussi.

Le code.
Les quatre étages.
Je sonne.
La porte s'ouvre.

Voilà c'est fini.

2 commentaires:

  1. c'est........... voilà !! géant !! c'est beau !! quelle chance ! bises carole

    RépondreSupprimer
  2. Zut, c'est fini! Ce fut un plaisir de suivre cette aventure si humaine, un voyage pour nous aussi, j'espère qu'il y en aura d'autres...Merci
    Marie-Pierre

    RépondreSupprimer